« Waignedeh » (Demain)

Pour WAIGNEDEH cinq danseurs prêtent leurs corps, chargés des impressions et des expériences qu'ils ont emmagasinées dans les camps de réfugiés du sud du Tchad.

Ils connaissent les camps, leurs objets du quotidien, l'architecture des cabanes et des rues, l'isolement de ces villes et villages dissimulés, les préoccupations et les désirs de ses habitants: comment imaginer un autre, un meilleur demain, quand les perspectives du présent sont si minces? Comment effacer les traces visibles du réfugié? Comment se débarrasser du costume de refugié? Comment croire en ses propres capacités et tenir seul sur ses deux pieds? Comment continuer à espérer que le camp n'est pas le terminus?

Les corps des danseurs traduisent ce qu'ils ont vu, vécu et entendu dans les camps en un langage chorégraphique mêlant la danse africaine contemporaine et traditionnelle avec les styles de danse urbaine hip-hop et coupé-décalé. Ils proposent une perspective différente sur la question des réfugiés de celle adoptée dans les médias. WAIGNEDEH ne s´intéresse pas aux périples des migrants, mais à la vie quotidienne dans les camps. La pièce cherche à développer une réflexion sur les réfugiés, qui émane non pas de la masse, mais des individus. Un individu qui espère et rêve. Même quand la vie s'est arrêtée, quand l'arbre n'est encore qu'un grain germé dans la terre, les corps peuvent bouger et transformer la paralysie en une grande tempête d'émotions.

WAIGNEDEH est une coproduction du Tanzhaus NRW, du théâtre Kammerspiele de Munich et du Centre National de la danse, Paris. L’Institut Français du Tchad et l’UNHCR du Tchad soutiennent cette création qui est financée par le Kulturstiftung des Bundes (Allemagne) dans le cadre des Fonds TURN (fonds pour la coopération artistique entre l’Allemagne et des pays africains).

Choregraphie/ Direction artistique: Taigué Ahmed // Danse: Dakanga Hervé, Mintya Charly, Mahmat Saleh Koumbo, Djedonang Aimé, Jamal Noudjingar Theodore // Musique: Benno Heisel // Costume + Scenografie: Veronika Schneider // Dramaturgie: Sarah Israel - SISK // Lumière: Ulrich Eisenhofer // Production DE: Sabine Klötzer – SISK, Katharina Denk // Administration/ Production Tchad: Tai Dieudonne, Narcisse Mbaiondoum

 

Présentation d’une étape de travail, Centre National de la Danse, Paris

Première: 04.05.2018, Tanzhaus NRW

05.05.2018, Tanzhaus NRW

13. & 14.05.2018, Münchener Kammerspiele

http://www.kulturstiftung-des-bundes.de/cms/de/programme/Afrika/turn.html

 

 

Plus d’informations:

WAIGNEDEH est une pièce de danse contemporaine pour cinq danseurs de l’association NDAM SE NA. Tous les danseurs connaissent les camps de réfugiés. Ils ne partagent pas la même formation, chacun d’eux a plutôt son propre style de danse : le Hip-Hop, le coupé, décalé, la danse africaine traditionnelle ou contemporaine. Pour WAIGNEDEH ces différents styles seront mélangés/réunis pour servir de réponses aux questions soulevées au cours des discussions et rencontres avec des habitants des camps des réfugiés. Les corps des danseurs seront porteurs des témoignages vivants de tout ce qu’ils ont vu, entendu et vécu dans les camps. Le focus de ces supports porte sur les rêves et la compréhension de la vie des réfugiés.

Les histoires, les visions du futur et les rêves des réfugiés constituent donc la base de WAIGNEDEH, et qui seront mis sur scène sous une forme individuelle par chaque danseur. À la fin il y aura un langage de corps contemporain sur la scène qui fusionne des différents styles de danse et qui est mis en dialogue avec des rythmes collectionnés dans les camps, ainsi que de la musique que le musicien Benno Heisel a créée. Sans trop de tristesse, de pitié ou de la douleur sur les racines perdues, et l’absence de la liberté, le public sera plus rapproché des danseurs ; c’est donc le battement d’un espoir sans fin sur un ‘autre demain’.

Le projet WAIGNEDEH propose une lecture de faits issus de la vie que beaucoup connaissent seulement par des reportages ou des films documentaires. WAIGNEDEH ne cherche pas à éveiller de la pitié, au contraire. WAIGNEDEH cherche à ouvrir la réflexion et le discours sur « le réfugié », non en tant que composante d’un collectif mais dans son histoire intime. WAIGNEDEH est une pièce qui rassemble documents et témoignages récoltés dans des camps de réfugiés dans lesquels travaille l’association NDAM SE NA depuis 2005. 

Taigué Ahmed amènera son groupe de cinq danseurs à réarticuler les traces qu’ils ont retrouvés dans les corps de refugiées, ces témoins silencieux, ces trésors du passé et de l’avenir. Les corps des danseurs se rendent disponibles et fluides pour porter les histoires rencontrées et pour montrer un avis personnel sur les images et la pensée qu’ils ont rencontré dans les camps.

 Même si la vie à l´arrêt et l’arbre du futur est encore une graine dans la terre – les corps peuvent bouger et transformer ce marasme dans une tempête d'émotions.